Autant être honnête avec vous... Les expos et moi ça fait deux! Pourtant je m'évertue à continuer à y aller de temps en temps aux cas où les choses changeraient! Mais ça se passe quasiment tout le temps de la même manière: je commence à mon aise, au bout d'un moment j'en ai assez  parce que ça ne me parle pas (la peinture j'entends parce que la photo ça ça me parle) du coup je prends mon rythme de croisière - en gros je cavale de pièce en pièce - et  résultat à la fin de l'expo, j'attends pendant une heure les personnes qui sont venues avec moi. Vu ce tableau, quand je suis allée voir Explosion dimanche avec deux soirées à Couleur Café dans les pattes c'était loin d'être gagné…

Mais que du contraire! Explosion m'a réconciliée avec les expos. Sans doute parce qu'elle ne se contente pas de montrer des oeuvres, la démarche est plutôt "didactique". Ici on apprend ce que sont que les graffitis qui fleurissent sur les murs de Bruxelles, ce qu'ils racontent, qui sont leurs auteurs et plus largement quelle est l'histoire de l'art urbain.

J'ai profité de mon passage sur place pour discuter avec Adrien Grimmeau, commissaire de l'expo. J'avais envie de savoir ce qui l'a motivé à travailler sur le graffiti: "Quand j'ai commencé à m'intéresser au Graffiti suite à une rencontre avec Bonom, j'ai été surpris - voire énervé - que personne à Bruxelles ne se soit encore penché de manière approfondie sur cet art qui est d'une richesse extrême". Pourtant la demande était là... En me promenant dans l'expo j'ai discuté avec Marie-José 87 ans qui voulait en savoir plus sur ces dessins qu'elle voyait sur les murs de sa ville. "Je me suis demandé qui étaient ces artistes, si on pouvait considérer quelqu'un de 17 ans comme un artiste, comment un graffiti se prépare… Plus j'en apprenais de la bouche de ces artistes bruxellois passionnés par ce qu'ils font, plus je voulais en savoir et plus j'appréciais leurs oeuvres."

Dernier détail qui a son importance avant de vous laisser filer au musée: si on s'en tient à la définition du graffiti - signe posé illégalement dans l'espace urbain - il est difficile de concevoir que des graffitis au sens strict du terme puissent être montrés dans l'expo… "Un graffiti interagit avec la ville et ne rentre donc pas au musée, ça n'aurait aucun sens. On montre surtout ce qui mène au graffiti, ce qu'il y a après et ce qui peut aider à le voir en ville: des photos, des esquisses, des bombes, des archives…".

Bon je m'arrête là et je vous laisse aller découvrir l'histoire de l'art urbain au musée d'Ixelles jusqu'au 4 septembre. Vous ne serrez pas déçus! Et si l'expo a éveillé votre curiosité, je vous conseille le livre d'Adrien "Dehors! Le graffiti à Bruxelles". Une mine d'informations qui permet de prolonger l'expo.

Elise

Prix de la visite: 7€ prix plein/5€ pour les étudiants, les séniors et les groupes d'au moins 10 personnes

Prix du livre: 30€

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