Plus qu'une revue, une oeuvre d'art!
Il y a quelques semaines mon parrain m'envoie un mail et me charge d'aller lui acheter la revue "Egoïste" qu'il ne sait en vente que chez Tropismes. Comme il ne me demande jamais rien, je me sens investie d'une mission et je file Galerie des Princes sans demander mon reste. Pour une fois que le moyen de lui rendre service me tombe du ciel!
Je sais je sais la manière donc j'occupe mes week-ends ne vous intéresse que moyennement... Mais lorsque j'ai eu cette revue entre les mains, j'ai été scotchée! Elle est absolument sublime! Parce que non Egoïste n'est pas une revue comme les autres! Elle ne fait pas partie de celles que le facteur vous dépose tous les mois, ni de celles qu'on lit d'un oeil distrait aux toilettes. Egoïste c'est... de l'art! Oui oui de l'art! Rien à voir avec les dizaines de magazines qu'on trouve en librairie et qui racontent (presque) tous la même chose. Je sais, là je ne prêche pas pour ma chapelle (comme quoi les journalistes peuvent avoir un oeil critique sur leur travail malgré ce que pensent d'aucuns mais ça c'est un autre débat!)
En quoi était-il si différent me direz-vous? En tout! Son format loin des classiques: XXL, noir et blanc, deux tomes, 248 pages et près de 3 kilos! Sa périodicité "spasmodique", cette année - alors que le magazine a été créé en 1977 - est sorti le numéro 16 et cela faisait cinq ans qu'Egoïste n'était plus sorti. Ses pubs: triées sur le volet et pour la plupart pensées et crées par Nicole Wisniak (conceptrice du magazine) et Judith Grumbach (sa fille). Il se dit que les annonceurs ne connaissent pas le contenu du magazine avant de signer, qu'ils ne voient pas leur pub avant publication et qu'ils vont même jusqu'à débourser 32 000 euros, c'est dire s'ils leur font confiance!
Ses photographes: ici on voit du Richard Avedon, du Paolo Roversi ou du Bettina Rheims. Ses écrivains: n'écrit pas qui veut pour Nicole Wisniak! Elle s'entoure de plumes comme Jean d'Ormesson, Jean-Paul Enthoven, Alexandre Jardin, Marie Darrieussecq… Le dernier numéro recèle d'ailleurs l'un des derniers écrits de Jorge Semprun! A revue exceptionnelle, prix exceptionnel of course: 50€ pour les deux tomes. MAIS… très franchement ça les vaut! D'autant plus que le tirage étant extrêmement limité (35 000 exemplaires), ce sont de vraies pièces de collection.
Valérie Lemercier sous l'objectif de Peter Lindbergh.
Pour ceux que j'aurai réussi à convaincre, mes sources m'indiquent qu'il est encore possible de trouver quelques exemplaires chez Filigranes…
E.

